El archivo Pessoa

18 décembre 2007

Un nouvel institut de recherche a été tout récemment fondé à l’Université de Naples « L’Orientale », le CESET (Centro per lo Studio e l’Edizione dei Testi), dont l’ambitieux projet interdisciplinaire fait notamment référence aux travaux de l’ITEM.

Le lancement officiel des activités du Centre a pris la forme d’un séminaire international, organisé en collaboration avec l’Istituto Italiano per gli Studi Filosofici, qui s’est tenu les 16 et 17 mars 2007. Intitulé Dall’argilla al silicio (From Clay to Silicon). Seminario internazionale sui testi e i loro supporti materiali, ce colloque rassemblait une vingtaine d’intervenants italiens et venus d’Allemagne, de France et du Royaume Uni, invités par Alberto Postigliola et Maria Teresa Giaveri. Les organisateurs souhaitaient ainsi attirer l’attention sur une problématique commune aux historiens de l’écriture et aux éditeurs de textes, qu’il s’agisse de corpus anciens ou modernes, orientaux ou occidentaux, – une question fondatrice aux yeux des codicologues et des anthropologues, mais inégalement reconnue par les philologues – et que l’écriture électronique rend éminemment actuelle : comment l’étude de l’écriture en tant que phénomène matériel modifie-t-elle notre appréhension du patrimoine écrit ?

Il est indéniable qu’en s’interrogeant sur l’interaction des supports matériels avec la disposition graphique de l’écrit et le geste du scripteur, mais aussi avec les processus de textualisation et de déchiffrement, les spécialistes renouvellent leur approche des sceaux et tablettes cunéiformes ou de l’épigraphie antique au Proche Orient, des documents et stèles de la Chine ancienne ou des manuscrits médiévaux, voire des brouillons d’écrivains et des formes éditoriales modernes, ainsi que des pratiques rituelles observées par l’anthropologie. Chacun des intervenants avait nettement éprouvé le bénéfice d’une telle démarche au sein de sa propre discipline, par l’apport de données tant symboliques que techniques. Il restait à prouver que l’échange entre des domaines si divers, que la rencontre entre des méthodologies si variées pouvaient alimenter un débat ouvert et enrichir les perspectives de recherche : la rencontre de Naples l’a amplement confirmé, ouvrant la voie à des travaux à venir, marqués par une forte motivation interdisciplinaire, que le CESET se donne pour mission d’encourager.

Signalons que parmi les informations portées à la connaissance des participants figurait l’annonce de la première parution de la revue Recto/Verso.

Par Claire Bustarret