IIe Colloque International de Manuscrits Littéraires Contemporains (San Millán de la Cogolla, 9-11 décembre 2009)10 décembre 2009Le fonds Alice Rivaz aux Archives littéraires suisses (ALS) : inventaire désormais en ligne23 janvier 2009Objectif BnF pour Francis Coplan23 janvier 2009Borges de retour à la Fondation Martin Bodmer de Genève22 janvier 2009La Mise en œuvre d’Almuth Grésillon26 juin 2008Le contrat (de travail) de Sylvain Rossignol26 juin 2008Boileau-Narcejac ou le polar à quatre mains26 juin 2008Fernando Pessoa : Cuaderno, papeles y remate22 décembre 2007Silvia Baron Supervielle au département des Manuscrits de la BnF20 décembre 2007El archivo Pessoa18 décembre 2007Création d’un réseau par le centre Archivos : les Archives Virtuelles Latino-Américaines16 décembre 2007Le Plaisir au dessin au Musée des Beaux Arts de Lyon16 décembre 2007Un DVD para los manuscritos de Manuel Puig1er juin 2007Manuscritos mexicanos en el Web1er juin 2007Steinbeck inedito all’asta1er juin 2007Quand l’architecte prend son temps…31 mai 2007Dans le cadre du cycle "Trésor du patrimoine écrit", organisé par la Bibliothèque nationale de France et l’Institut national du Patrimoine, le 23 juin 2009 à 18h15 à l’Auditorium Galerie Colbert, 2, rue Vivienne à Paris, se tiendra la conférence d’Anne Mary, conservateur au département des Manuscrits de la BnF et rédactrice de Recto/Verso, autour du manuscrit de L’Ecume des jours de Boris Vian.
Brève présentation de la conférence : Une partie des manuscrits de Boris Vian, correspondant à sa production jusqu’en 1950 environ, est conservée au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France. Fleuron de cet ensemble, le manuscrit de L’Ecume des jours, rédigé de la fin 1945 jusqu’en avril 1946, représente le paradigme de la production vianesque : une écriture cursive et rapide, très peu de repentirs, des jeux de langage et des néologismes abondants. Fait plus rare, des dessins viennent ponctuer le verso de certains feuillets, ces derniers étant tous constitués de papier à en-tête de l’AFNOR où travaillait alors Boris Vian en tant qu’ingénieur. L’auteur, pour ce premier grand roman, reçut le soutien de Raymond Queneau, enthousiasmé par ce jeune écrivain dont la fantaisie débridée s’alliait à tant de poésie : la maladie y prend la forme d’une fleur, le nénuphar, et le fameux pianocktail inventé par Vian fabrique des breuvages différents en fonction de l’air joué. Parfois qualifié de « roman jazzique », L’Ecume des jours est imprégnée de références à la culture américaine, notamment musicale, toujours sur le mode de l’humour et de l’imaginaire. L’auteur multiplie les clins d’œil, mettant en scène le philosophe Jean-Sol Partre et la Duchesse de Bovouard, caricaturant les attitudes extrêmes des admirateurs du couple, et évoquant la conférence sur l’existentialisme donnée par Sartre en 1945. Cependant, loin d’être uniquement « le plus poignant des romans d’amour contemporains » selon l’expression de Queneau, ce texte conte une histoire de désillusion et de désamour : le mariage marque la fin du temps de l’insouciance, l’entrée dans le monde honni des adultes, la nécessité du travail. Cette œuvre, très peu lue à sa parution en 1947, n’a accédé à la reconnaissance que dans les années soixante. Souvent considérée comme symbole de l’adolescence, elle fait désormais partie des classiques de la littérature française du XXe siècle et, à ce titre, a reçu une reliure d’art réalisée par Sün Evrard, tout comme quelques autres œuvres du département des Manuscrits, telles La Nausée de Sartre reliée par Monique Mathieu ou La Peste de Camus par Georges Leroux. Reprenant l’image du nénuphar, cet écrin marque la place toute particulière de ce manuscrit au sein du fonds Boris Vian. Pour plus d’informations, cliquez ici |