El archivo Pessoa

18 décembre 2007

Si la musique occupe une place de choix dans la vie d’Alice Rivaz (1901-1998) – elle étudiera le piano au Conservatoire de Lausanne et en jouera sa vie durant –, c’est en raison de son œuvre littéraire que nous la connaissons aujourd’hui. Vaudoise d’origine, installée à Genève où elle fera toute sa carrière en tant que documentaliste, Alice Rivaz profite d’un temps de chômage forcé dû à la Deuxième Guerre mondiale pour écrire et publier ses premiers textes, dont Nuages dans la main (1940), roman très bien accueilli par la critique. En 1942, elle reçoit le prix Schiller. Viennent ensuite Comme le sable (1946) et La Paix des ruches (1947). Renouant avec l’écriture au moment de sa retraite en 1959, elle publie recueils de nouvelles, récits autobiographiques, dont Ce nom qui n’est pas le mien (1980), ainsi que deux romans, dont Jette ton pain (1979). Le Grand Prix C. F. Ramuz lui est attribué en 1980 pour l’ensemble de son œuvre. En 1983, elle fait paraître Traces de vie, pages de certains de ses carnets datant des années 1939 à 1982.
Dans ses récits, les événements cèdent le plus souvent la place à l’observation des sentiments des personnages. Parmi ses thèmes de prédilection, les relations entre hommes et femmes et la place de ces dernières au sein de la famille comme dans le monde du travail, les injustices sociales, les discriminations envers les minorités et une dénonciation fine et intelligente d’un sexisme petit bourgeois, profondément ancré dans la société. Sa grande indépendance de pensée, son absence de préjugés, sa curiosité pour les questions politiques et sociales, font d’elle une romancière d’une grande modernité.
Les Archives littéraires suisses (ALS) à Berne conservent depuis 1998 un ensemble de documents déposés par Alice Rivaz et consultables sur place : manuscrits, brouillons autographes et dactylographiés de certaines œuvres, correspondance avec plusieurs écrivains dont Charles Ferdinand Ramuz et Georges Haldas, nouvelles inédites, pièces radiophoniques, allocutions, une trentaine de carnets de notes écrits entre 1940 et 1990 environ, articles de presse, ainsi qu’une collection de photographies et des œuvres picturales de l’écrivaine elle-même. Le fonds comprend également une partie des archives de Paul Golay (1877-1951), le père d’Alice Rivaz. Instituteur puis militant socialiste et conseiller juridique, ce dernier dirigera la revue pacifiste L’Aube et sera rédacteur au Droit du Peuple. Polémiste virulent, il est l’auteur de milliers d’articles et sera Conseiller national (1925-1942).
Depuis le mois de novembre dernier, l’inventaire détaillé du fonds Alice Rivaz est disponible en ligne, aux côtés d’autres inventaires d’écrivains suisses établis par les ALS. Repères biographiques et illustrations complètent la description des documents.

Pour consulter ces données :
http://ead.nb.admin.ch/html/rivaz.html
On trouvera également en passant par le site de la Bibliothèque nationale suisse : www.nb.admin.ch/als → Fonds →Inventaires en ligne.

par Céline Cerny
Conservatrice du fonds Alice Rivaz
Archives littéraires suisses