El archivo Pessoa

18 décembre 2007

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©Amanda Ortega

Le 1er octobre dernier, La Fondation Martin Bodmer de Genève a acquis trois manuscrits autographes de Borges, celui de Tlön, Uqbar, Orbis Tertius, du recueil Fictions, et ceux de deux essais littéraires, respectivement consacrés à James Joyce et à Hermann Hesse.
C’est un honneur pour la ville de Genève, qui a accueilli l’auteur pendant son adolescence, entre les années 1914 et 1919, et à laquelle Borges a toujours réservé une place de premier plan, dans sa mémoire personnelle comme dans ses textes. C’est une satisfaction pour la Fondation Martin Bodmer qui, en plus du manuscrit du célèbre récit El Sur, qu’elle possède déjà, enrichit sa collection extrêmement précieuse d’incunables, d’imprimés et d’autographes, de ces trois nouvelles acquisitions.
Vingt-deux ans après la mort de l’écrivain, dans cette même ville de Genève où il repose depuis 1986, la Fondation Martin Bodmer offre ainsi à la recherche de nouvelles sources authentiques pour l’étude de la création borgésienne. Une genèse que l’on sait vaste et complexe grâce aux peu de travaux génétiques réalisés à partir des rares brouillons accessibles ; une genèse que l’on aimerait pouvoir explorer davantage en ayant plus facilement accès à des sources autographes sûres, acquises par des voies attestées, et préservées dans de bonnes conditions de conservation.
Genève commence ainsi l’année 2009, comme elle avait terminé 2008, sous le signe de Borges. Après Madrid et Paris, à partir de ce mois de janvier, la ville accueille l’exposition L’Atlas de Borges, qui présente une collection de cent trente photographies de différentes villes du monde visitées par l’auteur et par son épouse, María Kodama. Tout comme l’ouvrage éponyme Atlas, écrit en collaboration avec sa femme, et paru en 1984, l’exposition, construite sur une alternance de textes et de photographies qui, elles, font partie de la collection personnelle de Mme María Kodama, propose aussi aux visiteurs des documents sonores et des vidéos.
Doublement de retour à Genève, donc, Borges. Lui, qui pensait que « de toutes les villes du monde, de toutes les patries qu’un homme cherche à mériter au cours de ses voyages, Genève […] semble la plus propice au bonheur ».

par Erica Durante